Mots-Clés ‘Slackware’

Linux : résoudre le problème de carte SD non reconnue après hibernation

Lundi 14 août 2017

Je continue sur mes résolutions de problèmes liés à la migration de mon système Salix OS. Je vais encore parler d’hibernation mais en lien avec mon lecteur de cartes SD.

Comme expliqué dans un précédent article, mon ordinateur possède un lecteur de cartes mémoire, qui fonctionnait bien pour mon utilisation (lecture de cartes SD, pas d’écriture) sous Salix OS 13.37.

Acte 1 : Salix OS 14.1 et la solution du rechargement de module

Suite au passage à la version 14.1 de Salix OS, j’ai constaté que le lecteur de cartes SD ne fonctionnait plus lors d’un retour d’hibernation. Lorsque j’insérais la carte SD, elle n’était pas reconnue.

J’avais trouvé la solution sur le forum Slackware de LinuxQuestions.org. Il suffisait de recharger le module sdhci_pci :

$ rmmod sdhci_pci
$ modprobe sdhci_pci

L’insertion de la carte SD était alors reconnue.

Acte 2 : Salix OS 14.2 et la solution du déchargement de module avant hibernation

Malheureusement, la situation s’est empirée avec la migration vers la version 14.2 de Salix OS. Le même problème persistait lors du retour d’hibernation mais la solution de rechargement du module sdhci_pci ne résolvait plus le problème.

Dans /var/log/syslog, je constatais des messages de ce genre lorsque j’insérais la carte SD :

Aug  5 00:19:14 darkstar kernel: [432740.383264] mmc0: Timeout waiting for hardware interrupt.
Aug  5 00:19:14 darkstar kernel: [432740.385457] mmc0: error -110 whilst initialising SD card

Après quelques recherches, j’ai finalement trouvé une solution dans cette page de documentation consacrée à la compatibilité de Linux avec les ordinateurs portables de type IBM/Lenovo ThinkPad.

La solution consiste à créer un fichier /etc/pm/config.d/00sleep_module dans lequel la ligne suivante est présente :

SUSPEND_MODULES="$SUSPEND_MODULES sdhci"

Cette ligne a pour effet de décharger le module sdhci avant l’hibernation. Le module est alors proprement rechargé lors du retour d’hibernation, et le lecteur de carte SD devient utilisable.

Cette solution ne fonctionne qu’avec les outils pm-utils (pm-suspend et pm-hibernate), le fichier créé étant un fichier de configuration pour ces outils.

Fin

Il reste à voir quelle nouvelle surprise me réservera la prochaine version de Slackware/Salix OS.

En tout cas, sous Linux, je constate qu’il y a (presque) toujours une solution aux problèmes.

Linux : résoudre le problème de double mise en veille

Dimanche 30 juillet 2017

J’ai récemment mis à jour mon système Salix OS de la version 14.1 vers la version 14.2. Il s’agit de la troisième mise à jour que je fais et cela se passe toujours sans gros problème, si ce n’est que je dois, à chaque fois, renouveler la procédure d’installation du pilote pour le Wifi.

Cependant, il arrive de temps en temps des petites surprises, en particulier avec la gestion des boutons liés à l’énergie.

Il y d’abord la fermeture de l’écran de mon ordinateur portable pour laquelle je souhaite qu’une hibernation (appelée aussi « mise en veille prolongée » dans Microsoft Windows, ou suspend-to-disk) soit effectuée.

Et il y a ensuite la mise en veille (appelée aussi suspend-to-ram) que je souhaite déclencher lors de l’appui de la touche Lune de mon ordinateur (Fn + F1).

Pour faire tout cela, sous Slackware (pour rappel, Salix OS utilise Slackware comme base), cela se passe dans le fichier de script shell /etc/acpi/acpi_handler.sh :
#!/bin/sh
# Default acpi script that takes an entry for all actions

IFS=${IFS}/
set $@

case « $1″ in
  button)
    case « $2″ in
      power) /sbin/init 0
         ;;
      *) logger « ACPI action $2 is not defined »
         ;;
    esac
    ;;
  *)
    logger « ACPI group $1 / action $2 is not defined »
    ;;
esac

Pour déclencher l’hibernation, j’avais simplement ajouté la branche suivante dans le case :
     lid) pm-hibernate
         ;;

« lid » (qui veut dire en anglais « couvercle ») correspond au bouton (plutôt virtuel dans le cas mon ordinateur) lié à la manipulation de l’écran d’un ordinateur portable. Je l’ai donc associé à la commande pm-hibernate, qui s’occupe de mettre l’ordinateur dans l’état d’hibernation de manière correcte.

Et pour déclencher une mise en veille, j’avais simplement ajouté la branche suivante :
     sleep) pm-suspend
         ;;

« sleep » correspond à la touche Lune de mon ordinateur. Je l’ai donc associé à la commande pm-suspend, qui s’occupe de mettre l’ordinateur dans l’état de veille.

Tout cela fonctionnait plutôt bien jusqu’à une première mise à jour, suite à laquelle il est apparu que le retour d’hibernation déclenchait automatiquement une nouvelle hibernation.

L’astuce que j’avais trouvée à l’époque était d’appliquer un contrôle sur l’état effectif du bouton lid :
     lid) grep -q closed /proc/acpi/button/lid/*/state && pm-hibernate

Suite à ma récente mise à jour vers Salix OS 14.2, un problème similaire est apparu avec la mise en veille déclenchée par la touche Lune. Suite au retour de veille, une deuxième mise en veille était effectuée immédiatement.

Lors de ma recherche d’une solution sur le Web, j’ai découvert, via cet article, l’existence de l’outil acpi_listen. Cet outil permet de voir les événements ACPI exacts déclenchés. Il suffit de le lancer puis de déclencher les boutons/touches :
# acpi_listen
button/lid LID close
button/lid LID open
button/sleep SBTN 00000080 00000000
button/sleep PNP0C0E:00 00000080 00000008

Ici, le résultat montre que la fermeture et l’ouverture de l’écran déclenchent deux événements. Il montre aussi que l’appui de la touche Lune déclenche deux événements.

Il m’est donc apparu clairement qu’utiliser les deux premiers composants de l’événement ACPI ($1 et $2 dans le fichier acpi_handler.sh) n’était pas suffisant. J’ai donc adapté le script de la façon suivante :
      lid) test $4 = « close » && pm-hibernate
         ;;
      sleep) test $3 = « SBTN » && pm-suspend
         ;;

Cela a réglé le problème… jusqu’à la prochaine mise à jour en tout cas. Car les composants supplémentaires ($3 et $4 dans le script) sont-ils suffisamment stables pour être utilisés ? Qui me dit que leurs valeurs ne changera pas lors d’une prochaine mise à jour ? L’avenir nous le dira…

Ci-dessous, le script complet du fichier /etc/acpi/acpi_handler.sh, après modification :
#!/bin/sh
# Default acpi script that takes an entry for all actions

IFS=${IFS}/
set $@

case « $1″ in
  button)
    case « $2″ in
      power) /sbin/init 0
         ;;
      lid) test $4 = « close » && pm-hibernate
         ;;
      sleep) test $3 = « SBTN » && pm-suspend
         ;;
      *) logger « ACPI action $2 is not defined »
         ;;
    esac
    ;;
  *)
    logger « ACPI group $1 / action $2 is not defined »
    ;;
esac

Configuration de l’adaptateur Wifi Broadcom BCM4322 sous Linux/Slackware/Salix OS

Samedi 4 janvier 2014

J’ai récemment acquis l’ordinateur portable Dell Precision M4400, sur lequel j’ai installé une distribution Linux. J’évoquerai en détail cette installation dans un prochain article, mais je souhaitais d’abord m’attarder sur un des seuls (pour ne pas dire le seul) points qui n’a pas été pris en charge par défaut : l’adaptateur Wifi Broadcom BCM4322.

C’est malheureusement un problème récurrent lorsqu’on installe Linux sur un ordinateur pourvu d’un adaptateur Wifi. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si mes articles précédents sur le même thème (un premier consacré à la clé Hercules Wireless N USB mini, et un deuxième consacré à la clé Amarina 54Mbps Wireless USB Adapter) font partie des articles les plus lus de mon blog.

L’ordinateur portable Dell Precision M4400 présente donc l’adaptateur Wifi Broadcom BCM4322, comme j’ai pu le constater clairement avec l’outil en ligne de commandes lspci :

# lspci -nn
…
0c:00.0 Network controller [0280]: Broadcom Corporation BCM4322 802.11a/b/g/n Wireless LAN Controller [14e4:432b] (rev 01)

Avec ma distribution Linux courante, Salix OS 13.37 (fondée sur Slacware Linux 13.37), l’adaptateur Wifi était par défaut détecté par le module b43, inclus dans le noyau Linux. Malheureusement, l’interface réseau n’était pas créée, et un outil comme iwconfig n’affichait aucune interface Wifi.

Par ailleurs, j’ai observé les messages suivants dans dmesg:

[   11.473082] b43-phy0: Broadcom 4322 WLAN found (core revision 16)
[   11.488189] b43-phy0 ERROR: FOUND UNSUPPORTED PHY (Analog 8, Type 4, Revision 4)
[   11.488733] b43: probe of ssb0:0 failed with error -95
[   11.489014] Broadcom 43xx driver loaded [ Features: PMLS, Firmware-ID: FW13 ]

La documentation officielle du pilote b43 est assez claire. Elle donne l’état des lieux de la prise en charge des puces Broadcom.

Pour le contrôleur avec l’identifiant 14e4:432b, la documentation indique que le module b43 a une prise en charge partielle à partir du noyau Linux 2.6.39. Salix OS 13.37 présentant le noyau Linux en version 2.6.37, j’ai dû me retourner vers l’alternative (malheureusement propriétaire) indiquée par la documentation : le module wl, fourni indépendamment du noyau par Broadcom dans un paquet nommé « 802.11 Linux STA driver ».

Ce module est disponible dans le paquet broadcom-sta, mis à disposition par le dépôt SlackBuilds.org :

# slapt-src --search broadcom
broadcom-sta:5.100.82.112 - broadcom-sta (Broadcom wireless drivers)

Malheureusement, l’installation de ce paquet avec slapt-src échoue, le paquet source ne pouvant être téléchargé :

# slapt-src -i broadcom-sta
The following packages will be installés:
broadcom-sta
Voulez-vous continuer ? [y (oui) / N (non)] y
Récupération de README...Réalisé
Récupération de broadcom-sta.SlackBuild...Réalisé
Récupération de broadcom-sta.info...Réalisé
Récupération de doinst.sh...Réalisé
Récupération de slack-desc...Réalisé
Récupération de http://www.broadcom.com/docs/linux_sta/hybrid-portsrc_x86_32-v5_100_82_112.tar.gz...Raté

Un article du blog « rog notes » donne les instructions à suivre pour contourner ce problème. Je les reprends ici en les adaptant à Slackware 13.37 et en les complétant :
1) Télécharger le paquet source (hybrid-portsrc_x86_…tar.gz) correspondant au système requis (32 ou 64 bits), ainsi que le paquet slackbuild (broadcom-sta.tar.gz), sur la page SlackBuilds.org.
2) Se déplacer dans le répertoire où ont été sauvés les fichiers téléchargés, puis extraire le paquet slackbuild.

# tar xvfz broadcom-sta.tar.gz

3) Se déplacer dans le répertoire broadcom-sta créé puis y copier le paquet source.

# cd broadcom-sta
# cp -a ../hybrid-portsrc_x86_…tar.gz

4) Se connecter en tant qu’administrateur (root) puis générer le paquet Slacware. Attention : ceci nécessite que des outils de développement (compilateurs, bibliothèques, …) soient installés sur le système.

$ su
$ ./broadcom-sta.SlackBuild

5) Copier le paquet Slackware généré dans /tmp et nommé broadcom-sta…_Sb0.tgz (mieux vaut garder ce paquet quelque part en cas de besoin).

$ cp -a /tmp/broadcom-sta…_Sb0.tgz ./

6) Installer le paquet Slackware.

$ installpkg broadcom-sta..._Sb0.tgz

7) Décharger le module b43 (ainsi que le module ssb lié) puis charger le module wl (fraîchement installé).

$ modprobe -r b43 ssb
$ modprobe wl

8) Utiliser l’utilitaire de son choix (iwconfig, wicd, NetworkManager) afin de configurer l’interface réseau qui devrait normalement avoir été créée. Attention : dans mon cas, cette interface réseau porte l’identifiant eth1, et non le classique wlan0.

9) Ajouter les modules b43 et ssb dans la liste noire des modules afin de s’assurer que c’est bien le module wl qui sera pris en compte lors du redémarrage du système.

$ echo "blacklist ssb" >> /etc/modprobe.d/blacklist
$ echo "blacklist b43" >> /etc/modprobe.d/blacklist

Merci à Roger du blog « rog notes » pour l’astuce. J’espère que cet article sera utile à toute personne confrontée à l’installation d’un pilote pour un adaptateur Wifi Broadcom.

 

Présentation de mon compte Bitbucket contenant FrugalBuild, SLKBUILD, scripts shell et autres

Samedi 14 septembre 2013

Je me suis enfin décidé à partager mon code ! J’ai pour cela choisi la plate-forme Bitbucket, et y ai créé un compte.

On peut y trouver des dépôts pour des applications que j’ai développées, dont Maestro (un gestionnaire de bibliothèque musicale) et un jeu du pendu.

J’ai également créé un dépôt contenant des scripts shell que j’ai créés pour mes besoins. On y trouvera notamment des scripts de montage de media amovibles, un script de sauvegarde utilisant rsync, des scripts de redimensionnement d’images et un script de conversion d’un diff de documents txt2tags en document txt2tags (j’espère avoir l’occasion de présenter ce dernier outil dans un prochain article).

J’ai aussi ajouté un dépôt regroupant des Frugalbuild, méta-fichiers permettant la création de paquets pour la distribution Frugalware Linux (ma précédente distribution Linux de prédilection). La plupart concernent des versions de logiciels qui sont probablement dépassées, mais j’espère qu’ils peuvent tout de même être utiles à quelqu’un.

Enfin, on peut y trouver un dépôt regroupant des SLKBUILD, méta-fichiers facilitant, via l’outil slkbuild, la création de paquets pour des distributions Linux fondées sur Slackware Linux et, en particulier, pour la distribution Salix OS (ma  distribution Linux de prédilection). Il n’y a pour l’instant que sept paquets disponibles, dont trois paquets pour les trois logiciels libres suivants :

  • Klavaro, un logiciel d’apprentissage de la dactylographie ;
  • Lout, un outil de formatage de document (dont j’avais parlé dans un précédent article) ;
  • pass, un gestionnaire de mots de passe (que alienus avait décrit dans un de ses articles – au passage, je le remercie chaleureusement de m’avoir fait connaitre cet excellent outil !).

N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez une question ou une suggestion.

Découverte de Salix OS 13.37

Dimanche 19 août 2012

Voilà un moment que je voulais écrire un article sur la distribution qui est maintenant installée sur ma machine : Salix OS.

Il y a quelques semaines, je cherchais une distribution pour remplacer Frugalware Linux qui prenait trop de place sur mon maigre disque dur, et qui me posait quelques problèmes (cf. mon dernier article sur le sujet).

Pourquoi avoir choisi Salix OS ?

Je voulais une distribution simple, proche d’Unix. Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de Slackware, mais je redoutais son installation et sa prise en main. Je me suis alors rendu sur l’excellente page Wikipédia francophone sur Slackware, qui liste toutes les distributions fondées sur Slackware. C’est là que je suis tombé sur Salix OS.

Alors pourquoi avoir choisi Salix OS parmi la grande liste des distributions fondées sur Slackware ? Il y a plusieurs raisons :

- Salix OS est une distribution qui n’est pas dérivée de Slackware, mais elle la complète et reste 100 % compatible avec elle. Ainsi, elle suit les mêmes numéros de version et réutilise les dépôts de paquets.

- Salix OS garde la simplicité Unix de Slackware tout y ajoutant des outils facilitant son installation et sa maintenance (installeur graphique, gestionnaire de paquets avec gestion des dépendances, nombreux outils maison, …).

- Salix OS propose plusieurs éditions de la distribution. Une édition consiste en fait à un ensemble cohérent de paquets permettant d’installer un environnement graphique complet. J’apprécie ce concept (même si aucune des éditions ne me convient vraiment) car il permet d’installer un système complet avec un seul CD, et sans connexion Internet.

- Salix OS propose, pour certaines de ces éditions, des versions Live. Là, cela répond à un de mes besoins annexes : celui d’avoir un support avec lequel je peux lancer un système Linux sans installation particulière (pour un dépannage, par exemple).

- Salix OS donne la possibilité, à l’installation, entre trois configurations (essentielle, basique, et complète). C’est simple, c’est clair. Lors de l’installation, on ne perd pas de temps à choisir ses paquets un par un, mais on dispose quand même d’un certain choix.

- Salix OS présente un site web clair et en partie francisé. Il présente, en outre, un très bon guide de démarrage (malheureusement pas encore disponible en français).

- Salix OS est maintenue par une équipe majoritairement européenne. Ce n’est donc pas la distribution orientée pour un pays particulier ou une langue particulière. Il semble qu’il y ait d’ailleurs une petite communauté francophone autour du projet.

Ouf ! Cela fait pas mal de raisons finalement.

Quelle édition Salix OS ai-je choisi ?

J’ai choisi l’édition Live XFCE, et cela pour trois raisons :
- Comme expliqué plus haut, c’était l’occasion pour moi d’avoir un système récent démarrant sur un CD ;
- cette édition était une des dernières sorties ; il y avait donc de fortes chances que les paquets présents sur le CD soient plutôt à jour (m’évitant ainsi la mise à jour massive suite à l’installation) ;
- XFCE est l’environnement de bureau que je préfère parmi les éditions disponibles ; il est par ailleurs relativement léger et peut convenir à une majorité de gens ; si j’ai besoin d’installer un système pour quelqu’un (ami, famille, …), cela peut plus facilement convenir.

Comment s’est passée l’installation ?

Après avoir téléchargé l’image puis l’avoir gravée sur un CD, j’insère ce dernier dans mon ordinateur, puis je redémarre le système. Salix OS propose un ingénieux menu de démarrage (fait avec GRUB), dans lequel on peut tout de suite choisir sa langue, puis avoir accès à différentes options (niveau de démarrage, prise en charge de certains matériels, …), avant de véritablement démarrer le système.

Par défaut, le système lance le gestionnaire de connexion GDM qui lance automatiquement XFCE. Là, j’ai buté sur un premier problème : dû à la faible quantité de mémoire vive de ma machine, GDM se plante. Pour palier ce blocage, j’ai redémarré et choisi le mode texte dans le menu de démarrage, puis je me suis connecté en tant que root et j’ai lancé gdm manuellement. Sur l’écran de connexion, j’ai choisi l’option « console » à la place du choix par défaut (XFCE), ce qui a pour avantage de n’ouvrir qu’un simple émulateur de terminal.

Normalement, sous XFCE, une icône sur le bureau permet de lancer l’installation de la distribution. Pour ma part, je l’ai simplement lancé un ligne de commande (je ne me rappelle plus du chemin, mais il s’agit d’un script Python référencé dans un des fichiers raccourcis présents dans le répertoire Desktop).

Le logiciel d’installation est pour moi un modèle du genre. Il est très didactique, plutôt convivial et entièrement en français (si le français a été sélectionné dans le menu du démarrage bien évidemment). Rien n’est effectivement effectué sur le système tant que toutes les étapes n’ont pas été passées en revue, et tant qu’on ne confirme pas formellement l’installation. Il en ressort un sentiment rassurant.

Lors de l’installation, les options essentielles sont proposées : clavier, horloge, partitions, logiciels, … Le clavier BÉPO n’est pas proposé lors de l’installation (mais il est directement disponible après installation). On retrouve les trois configurations logicielles dont je parlais un peu plus haut. J’ai, pour ma part, choisi la configuration basique (système de base + serveur X + XFCE).

Après avoir confirmé l’installation, les partitions sont créées et formatées, puis les paquets sont installés et configurés.

C’est là que j’ai buté sur un deuxième problème : lors de l’installation du noyau Linux, j’avais une erreur étrange. Après plusieurs tentatives infructueuses, je me suis rendu compte qu’il s’agissait encore d’un manque de mémoire vive. Mais j’ai également fait un deuxième constat : ma partition de swap n’était pas utilisée par le système Live. Je trouve cela un peu dommage pour un système Live… Après redémarrage du système Live, j’ai activé la swap avec la commande suivante (en tant que root) :
> swapon /dev/sda6
(« /dev/sda6 » est évidemment à remplacer par le fichier représentant la partition de swap)

Ceci m’a permis de passer l’étape de l’installation du noyau Linux. Après avoir installé le système sur le disque dur, le logiciel d’installation propose d’installer le gestionnaire de démarrage LILO. Une fois de plus, l’interface proposée est claire et complète.

Après avoir retiré le CD d’installation et redémarré la machine, c’est le moment de découvrir le système Salix OS nouvellement installé.

Qu’est-ce que donne le système Salix OS ?

Premier constat : le démarrage du système est assez lent sur ma machine. Un système d’initialisation très classique, en mode texte, est utilisé. Ce temps de démarrage n’est pas du tout un critère de choix pour moi, mais je sais que c’est important pour d’autres.

Deuxième constat : tout a bien été installé, et le système est utilisable. En particulier, mon pavé tactile et ma souris USB sont fonctionnelles sans aucune configuration particulière. Ça fait plaisir.

La place prise sur le disque dur par le système installé est d’environ 2 Go. C’est une bonne surprise, car cela laisse de la place pour installer des logiciels supplémentaires.

Premier accroc : il est impossible de se connecter en Wifi car ni wicd ni iwconfig ne sont installés par défaut. Je n’ai eu d’autres choix que de me connecter en filaire avec ifconfig (qui est bien installé), puis d’utiliser le gestionnaire de paquets afin d’installer les outils nécessaires pour se connecter en Wifi.

À propos du gestionnaire de paquets justement, il s’agit de pkgtool, le gestionnaire de paquets de Slackware. L’équipe de Salix OS a eu la bonne idée de mettre en évidence l’outil slapt-get, qui ajoute beaucoup de facilités dont la gestion distante des paquets et la gestion des dépendances. J’ai été agréablement surpris par sa rapidité, mais un peu moins par son interface (qui se veut proche de l’outil Debian apt-get).

Heureusement, l’outil graphique équivalent est disponible : gslapt. Son interface est plutôt claire, et son utilisation est assez intuitive.

L’équipe de Salix OS a défini les dépendances pour chaque paquet (y compris pour ceux provenant des dépôts Slackware). C’est un beau travail. Globalement, je n’ai pas eu de soucis mais slapt-get m’a quand même obligé d’installer cups et samba pour installer mplayer. Je crois qu’il y a un petit soucis dans la définition des dépendances…

Autre limitation de la gestion des dépendances : il n’y a aucun moyen de lister les paquets orphelins. Par conséquent, si je désinstalle mplayer, je devrais me souvenir que samba et cups ne me servent plus à rien afin de les désinstaller manuellement. Dommage car j’ai l’habitude d’utiliser le listage des paquets orphelins des autres gestionnaires de paquets afin de nettoyer mon système. À voir avec le temps si la base de données des paquets reste maintenable.

Rapidement, j’ai voulu naviguer sur Internet, et y regarder des vidéos. J’ai pour cela installé le plug-in Adobe® Flash Player. Malheureusement, cela ne fonctionnait pas : les animations ou les vidéos Flash prenaient toute leur place mais ne s’affichaient pas. Après plusieurs heures d’investigation, je me suis décidé à installer la version précédente du plug-in Adobe® Flash Player (version 10.3, encore disponible sur le site d’Adobe). Et mon problème a été réglé.

C’est à cette occasion que j’ai créé mon premier paquet sous Salix OS. Une fois de plus, l’équipe de Salix OS a voulu simplifier les choses, et propose d’utiliser l’outil slkbuild, qui automatise la création d’un paquet Slackware à partir d’un unique fichier de description (généralement nommé SLKBUILD). C’est cet outil que j’ai utilisé, en suivant le très bon tutoriel disponible en français dans la documentation de Salix OS, pour créer ou mettre à jour des paquets :
- flash-plugin 10.3.183.18 (pour les raisons données ci-dessus),
- klavaro 1.9.4 (que je n’ai pas trouvé dans la base officielle des paquets),
- gtkdatabox 0.9.1.3 (nécessaire pour klavaro),
- liferea 1.6.8 (seulement disponible en version 1.6.5, alors que j’utilisais la version 1.6.7 sur mon précédent système),
- sylpheed 3.1.4 (seulement disponible en version 3.0.3 en tant que paquet source).

En passant, si vous êtes intéressé par un de ses paquets, n’hésitez pas à me demander.

En parlant de sylpheed, j’ai voulu installer le paquet aspell-fr, afin de disposer de la vérification d’orthographe en français. Malheureusement, un problème dans le dépôt empêchait de l’installer. Je me suis alors décidé à rapporter l’anomalie. Après plusieurs tergiversations, je me suis rendu compte que les anomalies doivent être rapportées, non pas sur le bugtracker du projet Sourceforge, mais sur le forum, dans la section Bugs. J’y ai donc créé un nouveau sujet. Et j’ai eu le plaisir de voir que l’anomalie a été corrigée assez rapidement.

J’aimerais signaler un point par rapport à cette distribution : tout le système est en UTF-8. J’avais peur d’avoir quelques problèmes avec le système de fichiers, mais je n’avais finalement que peu de noms avec des caractères accentués. Par contre, j’ai remarqué que les fichiers texte s’affichent mal si ils ne sont pas convertis en UTF-8. Rien de bien méchant.

Autre point sensible : la mise en veille. Dans l’ensemble, cela fonctionne, c’est-à-dire que le système se met bien en veille, et qu’il se « réveille »  à ma demande. La plupart du temps (mais pas tout le temps malheureusement), je récupère bien l’interface réseau Wifi. Cependant, depuis quelques jours, j’ai remarqué un comportement étrange : quelques secondes après s’être « réveillé », le système se remet en veille automatiquement. Si je demande son réveil une nouvelle fois, il refait la même chose. Cela se répète trois fois, puis le système reste bien éveillé. Étrange…

Depuis que j’ai installé cette distribution, des mises à jour de paquets m’ont été proposées. La politique appliquée est celle de Slackware : un paquet n’est mis à jour que si la nouvelle version corrige des problèmes de sécurité. Cependant, j’ai été surpris de voir que le paquet Mozilla Firefox est mise à jour à chaque version majeure (version 14.0.1 en date). J’aurais éventuellement pensé que la version ESR serait plutôt privilégiée mais ce n’est pas le cas.

En conclusion, mes attentes ont été respectées. Sur la page d’accueil du projet, il est écrit : « Comme un bonsaï, Salix est petit, léger et est le produit d’une attention infinie. » C’est en effet mon sentiment par rapport à cette distribution. J’apprécie la compatibilité complète avec Slackware, les outils de gestion des paquets et l’internationalisation. C’est probablement une bon point d’entrée pour quiconque voudrait découvrir l’« univers Slackware ».

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaire.